P Le « Dictionnaire du Strabisme » de Philippe Lanthony
Panoramique
Adjectif
Qualifie un mode de vision (propre à certains animaux) où le monde extérieur est perçu avec les deux yeux opérant séparément.
Les deux champs visuels sont donc juxtaposés et non superposés et il en résulte
:
• Un champ visuel total très large,
• Un champ binoculaire absent ou très étroit.
Ce type de vision panoramique se retrouve dans certains strabismes, notamment des exotropies
: l’œil droit localise à droite, et l’œil gauche à gauche d’où une diplopie homonyme paradoxale.
Par extension on parle parfois
d’asthénopie panoramique pour désigner une asthénopie qui existe en vision de loin (notamment pour les objets en mouvement).
Panum (aire de)
Aire d’une des rétines dont tous les points sont correspondants de façon interchangeable avec un point donné de l’autre rétine.
En fait, les aires de Panum n’existent pas comme structure
: elles ne sont que l’expression d’un seuil.
En clinique, elles se traduisent par la disparité de fixation (cf.).
Paradoxale
Adjectif
Qualifie un processus pathologique qui se présente sous un aspect clinique différent ou opposé à celui qui est de règle habituellement.
En strabologie on distingue ainsi
:
Correspondance rétinienne paradoxale
Correspondance rétinienne anormale où l’on peut extérioriser une diplopie inverse de la diplopie habituelle dans le type de strabisme en cause.
Diplopie paradoxale
Diplopie où les images visuelles sont localisées d’une façon contraire aux règles habituelles de la diplopie; on parle donc de diplopie paradoxale:
• Si la diplopie est croisée dans une ésotropie
;
• Si la diplopie est homonyme dans une exotropie.
La diplopie paradoxale peut s’observer soit spontanément (dans les exotropies) soit surtout en postopératoire si la correspondance rétinienne persiste anormale.
Innervation paradoxale
Mode d’innervation musculaire qui ne paraît pas se faire aux muscles usuels (cause invoquée dans le syndrome de Stilling).
Mouvement paradoxal
Mouvement se faisant dans une direction inhabituelle. Par ex.: pseudo-signe de Graefe.
Parallaxe
Nom féminin
Changement apparent de la position d’un objet observé de deux points de vue simultanés ou successifs.
Mots dérivés
:
Parallaxe binoculaire
Angle sous-tendu pour un point donné par les droites joignant ce point aux points nodaux des deux yeux.
La différence angulaire entre les parallaxes binoculaires de deux points situés à des distances différentes des yeux est la base de l’acuité stéréoscopique.
Parallaxe monoculaire
Parallaxe résultant du mouvement d’un œil.
Parallaxe de mouvement
Changement apparent de la position des objets les uns par rapport aux autres quand l’observateur se déplace (c’est-à-dire déplace soit la tête, soit tout le corps).
La règle de ce déplacement apparent est la suivante
:
• Les objets situés en deçà du point de fixation semblent se déplacer en sens inverse de l’observateur
;
• Les objets situés au-delà du point de fixation semblent se déplacer dans le même sens que l’observateur.
La parallaxe de mouvement est d’observation commune, par ex. en chemin de fer.
Test de la parallaxe (Duane)
L’appellation de « test de la parallaxe  » pour désigner le mouvement apparent du point de fixation qui se produit lors du cover-test chez les sujets hétérophoriques est en fait une erreur; il s’agit en réalité du phénomène phi (Franklin, 1951), et l’appellation de « parallaxe  » doit être abandonnée.
Parallélisme
Nom masculin
Terme souvent utilisé pour signifier l’absence de strabisme. En fait il est assez équivoque car:
• Chez le sujet normal, le parallélisme proprement dit des axes visuels n’existe que dans le regard à l’infini
; il disparaît lors de la convergence;
• Inversement, un exotrope qui converge peut se trouver dans une position des yeux telle que les axes visuels soient parallèles, si l’angle de déviation et l’angle de convergence se trouvent égaux.
Par conséquent il vaut mieux éviter ce mot, et dire
: « orthoposition  ».
Paralysie
Nom féminin
Déficit permanent, transitoire ou définitif de la fonction motrice d’un muscle ou d’un groupe de muscles.
En strabologie, on parle en général d’ophtalmoplégie.
Paralysie contre paralysie (Cüppers)
Formule utilisée pour expliquer le mécanisme d’action de l’opération de Cüppers:
• La myopexie provoque une sorte de paralysie du muscle opéré
;
• Celle-ci provoque une augmentation compensatrice des influx nerveux envoyés à ce muscle
;
• Ces influx accrus se répartissent aussi dans le synergiste hétéro latéral d’après la loi de Hering (cf.)
;
• Et il en résulte une augmentation d’activité de celui-ci tendant à compenser les effets de la paralysie initiale.
On dit aussi
: « parésie contre parésie  », ce qui est sans doute plus exact.
Parésie
Nom féminin
Paralysie incomplète (cf.: Paralysie).
Past-Pointing
Nom masculin
Terme anglais, sans traduction française, mais clair et expressif par lui-même, et passé dans le langage strabologique usuel.
Phénomène survenant en vision monoculaire quand le sujet utilise son œil dévié, et consistant dans le dépassement du mouvement de la main au-delà de la position réelle de l’objet, quand on demande au sujet de toucher cet objet du doigt.
Il s’agit donc d’un phénomène d’hypermétrie, par trouble de la localisation égocentrique, et due à une mauvaise corrélation entre l’œil et la main.
Il faut bien distinguer le past-pointing de
:
• D’une part, la localisation erronée de l’amblyope à fixation excentrique quand il utilise cet œil amblyope, et qui est due à l’excentricité de la fixation
;
• D’autre part, la localisation erronée des images visuelles de la diplopie en cas de correspondance rétinienne anormale, phénomène binoculaire.
Classiquement décrit dans les paralysies oculomotrices, le past-pointing peut aussi se voir dans le strabisme (cf.
: Ambrose, von Noorden, 1976).
Patent
Adjectif
Synonyme de: « manifeste  » (cf.)
On parle ainsi de
: « strabisme patent, nystagmus patent  » comme opposé à: « strabisme latent, nystagmus latent  »; il est certain que l’analogie en miroir des deux adjectifs opposés est frappante; cependant ils ne sont pas exactement antonymes comme nous l’avons vu pour « manifeste  », dont l’opposé n’est pas tant « latent  » que plutôt « douteux  ».
Par ailleurs « patent  » a l’inconvénient d’être un mot peu courant, et il n’y a pas de nom qui corresponde directement à l’adjectif.
Pénalisation
Nom féminin
Méthode optique de traitement de l’amblyopie, consistant en une défocalisation forcée appliquée à l’œil dominant, au moyen d’un cycloplégique et/ou d’un verre approprié, insurmontable par l’accommodation.
Cette définition restreinte à la pénalisation optique n’est pas généralement acceptée, certains auteurs utilisant le terme « pénalisation  » dans un sens large pour désigner toute espèce de gêne volontairement infligée à l’œil dominant pour favoriser l’œil amblyope
; le mot recouvre alors des procédés aussi disparates que les brouillages, secteurs, prismations, et même occlusion, intitulée: « pénalisation majeure  ». Il est clair que le mot a alors perdu toute espèce de spécificité, et paraît assez inutile. Il semble donc beaucoup plus logique de réserver le mot strictement à la pénalisation optique, où il est alors exactement défini et précis.
La pénalisation optique utilise différentes modalités, d’où les mots dérivés suivants
:
Pénalisation alternante
Elle comporte:
• Deux paires de lunettes avec une surcorrection optique de 3 dioptries sur un des yeux dans chaque paire.
Pénalisation légère
Elle comporte:
• Œil amblyope
: correction exacte;
• Œil dominant
: surcorrection de 1 ou 2 dioptries.
Pénalisation de loin
Elle comporte:
• Œil amblyope
: correction exacte;
• Œil dominant
: cycloplégique et surcorrection.
Cette surcorrection de l’œil dominant est souvent qualifiée de « volontairement inexacte  »
; en réalité, cependant, elle est très précisément définie: c’est la surcorrection nécessaire et suffisante pour faire changer l’œil fixateur (autrement dit pour obliger l’œil amblyope à fixer); et la surcorrection traditionnelle de + 3 dioptries n’est pas toujours suffisante à ce but.
Pénalisation de près
Elle comporte:
• Œil amblyope
: surcorrection de + 3 dioptries;
• Œil dominant
: correction exacte et cycloplégique.
Pénalisation sélective (Lavat)
Elle comporte:
• Œil amblyope
: verre à double foyer avec correction exacte de loin et surcorrection de + 3 dioptries de près (bifocal de latéralisation);
• Œil dominant
: correction exacte et cycloplégique.
Pénalisation totale
Elle comporte:
• Œil amblyope
: correction exacte;
• Œil dominant
: sous-correction suffisante (au besoin verre concave fort) et cycloplégique.
Bibliographie: Catros, 1972; Cüppers, 1970; Pfandl, 1958; Pouliquen. 1964; Quéré, 1973; Weiss, 1968.
Phi (phénomène)
Impression de mouvement apparent produit par la stimulation successive et discrète de deux points rétiniens différents ou disparates (non correspondants).
• Chez le sujet normal, orthophorique, le phénomène phi est produit au moyen de deux stimuli séparés (par ex. 2 points lumineux) soit sur un seul œil, soit sur les deux successivement. Pour un intervalle de temps convenable entre les deux stimuli, le sujet ne perçoit pas deux lumières successives, mais une seule qui paraît se déplacer du lieu de la première au lieu de la seconde.
• Chez le sujet porteur d’une déviation oculaire, la stimulation est effectuée par un seul stimulus lumineux, combiné au cover-test alterné
; du fait de la déviation, ce seront deux points disparates qui seront ainsi stimulés si la correspondance est normale, et le phénomène phi se produira.
• Par contre, en cas de correspondance anormale harmonieuse, les deux stimuli vont stimuler deux points rétiniens qui sont devenus pathologiquement correspondants, et le phénomène phi ne se produit pas.
Le phénomène phi est donc un test de correspondance rétinienne, le plus aisé qui soit, et qui a de plus l’avantage de se dérouler dans les conditions usuelles de la vision.
Référence: Lanthony, 1979.
Phorie
Nom féminin ou suffixe
Terme exprimant le caractère latent d’un strabisme.
Peut-être utilisé
:
• Soit en tant que nom
:
¬ Soit isolé
: « une phorie  »;
¬ Soit comme nom composé
: « une phorie-tropie  » (cf.);
• Soit en tant que suffixe, associé à un préfixe qui définit le type de phorie
: hétérophorie, orthophorie, ésophorie, exophorie, hyperphorie (cf.).
Phorie-Tropie
Nom féminin
Mot composé exprimant l’association chez le même sujet d’une composante phorique et d’une composante tropique dans son strabisme.
Très généralement, le terme
: « phorie-tropie  » sert à désigner une tropie intermittente (cf.); cependant l’association de phorie et de tropie se rencontre aussi dans d’autres cas, et en particulier:
• Les paralysies oculomotrices avec incomitance
;
• Certains syndromes alphabétiques
;
• Les strabismes cycliques
;
• Les phories monofixationnelles.
Le terme « phorie-tropie  », s’il fait image et s’il est consacré par l’usage, n’est donc pas sans ambiguïté.
Plan
Nom masculin
Définition: surface qui contient en entier toute droite qui joint deux de ses points.
Les principaux plans utilisés en strabologie sont les suivants
:
Plan équatorial
Plan frontal contenant l’axe transversal (axe X de Fick) et l’axe vertical (axe Z de Fick), et divisant le globe en deux moitiés, antérieure et postérieure.
Plan de fixation
Plan contenant les axes de fixation des deux yeux.
Plan frontal du globe oculaire
Plan passant par deux points de référence représentant conventionnellement les deux yeux (pupilles d’entrée, centres de rotation, points nodaux, etc.) et perpendiculaire au plan joignant ces points de référence au point de fixation.
Plan frontoparallèle
Plan parallèle au plan frontal.
En fait, il convient de distinguer
:
• Le plan frontoparallèle objectif
: plan frontoparallèle géométrique qui passe par le point de fixation;
• Le plan frontoparallèle subjectif, ou apparent
: surface contenant le point de fixation subjectif (cf.: Fixation) et tous les autres points que le sujet juge subjectivement équidistants de son plan frontal (ou, si on préfère, qui lui paraissent situés dans un même plan frontal). Le plan frontoparallèle apparent est en règle une surface courbe, dont la courbe varie de sens et d’importance avec la distance.
Plan horizontal du globe oculaire
Plan contenant l’axe transversal (axe X de Fick) et l’axe sagittal (axe Y de Fick) et divisant le globe en deux moitiés, supérieure et inférieure.
Plan de Listing (cf.: Listing).
Plan médian
• Du globe oculaire: plan vertical contenant les axes, sagittal (axe Y de Fick), et vertical (axe Z de Fick), et divisant le globe en deux moitiés, nasale et temporale;
• Du corps
: plan sagittal passant par l’axe de symétrie du corps.
Plan d’un muscle
Plan contenant la ligne de traction d’un muscle oculomoteur et le centre de rotation du globe.
Synonyme
: plan de rotation.
Plan du regard
Plan passant par le point de fixation et par deux points de référence des yeux représentant conventionnellement ceux-ci (pupilles d’entrée, centres de rotation, points nodaux, etc.).
Pléoptique
Nom féminin et adjectif
Ensemble des moyens instrumentaux spécialisés qui ont été préconisés, essentiellement par Bangerter et Cüppers, pour le traitement de l’amblyopie nettement constituée et ayant échappée au traitement préventif et curatif simple et précoce de l’amblyopie (d’après Thomas, 1973).
• La méthode de Bangerter (1
953) est basée sur les principes généraux suivants:
¬ Obtention des conditions visuelles favorables (correction optique, voire chirurgicale préalable)
;
¬ Excitation intensive de la vision maculaire (centrophore, pléoptophore)
;
¬ Utilisation des rapports entre vision centrale et périphérique
;
¬ Utilisation des relations entre les deux yeux (mnémoscope, cheiroscope)
;
¬ Association d’autres organes sensoriels
: main œil (localisateur, correcteur, foreuse) oreille-main-œil (localisateur vibreur, localisateur acoustique);
¬ Utilisation des engrammes (mémoire visuelle
: mnémoscope);
¬ Traitement des difficultés de séparation (entraîneur de dissociation)
;
¬ Exercices de complément
: lecture contrôlée, jeux pléoptiques.
• Les instruments suivants sont utilisés dans la méthode de Bangerter
:
¬
Centrophore: disque rotatif, présentant une spirale logarithmique dont la fixation par le sujet tend à le faire fixer le centre;
¬ Entraîneur de dissociation
: tableau présentant des optotypes séparés par des intervalles que l’on réduit progressivement pour traiter la difficulté de séparation (cf.) caractéristique de l’amblyopie strabique;
¬
Localisateur: pupitre présentant des repères visuels que le sujet doit toucher (localisateur simple) avec une correction et un contrôle lumineux (localisateur correcteur), sonore (localisateur acoustique), tactile (localisateur vibreur);
¬
Mnémoscope: projecteur présentant au sujet des images de taille progressivement décroissante;
¬
Pléoptophore: grand ophtalmoscope binoculaire, permettant d’éblouir la périphérie rétinienne tout en préservant la macula par un cache circulaire; la zone centrale est ensuite stimulée par un flashing.
• La méthode de Cüppers (1
956) est basée sur les principes généraux suivants:
¬ Lever l’inhibition maculaire de l’amblyopie
;
¬ Rééduquer la localisation égocentrique pathologique propre à l’amblyopie à fixation excentrique
;
¬ Par caractérisation des diverses directions visuelles (maculaire et excentrique) et modification grâce à l’effort d’attention du sujet
;
¬ Par utilisation d’images entoptiques (post-images et houppes de Haidinger) que le sujet apprend à percevoir et à localiser.
• Les instruments suivants sont utilisés dans la méthode de Cüppers
:
¬
Euthyscope: ophtalmoscope modifié, comportant un disque central opaque de 30 ou 50 qui est projeté sur la zone maculaire, pendant que la lumière du reste du champ (300) éclaire la périphérie: il en résulte une post-image à deux zones opposées, sur laquelle le sujet va exercer son attention.
Variante
: projectoscope;
¬
Intervallomètre: transformateur électrique permettant de réaliser une lumière papillotante à rythme réglable, utilisée lors de l’observation par le sujet des post-images euthyscopiques;
¬
Koordinator (ou coordinator): appareil présentant les houppes de Haidinger à distance rapprochée, et avec un champ de diamètre réglable.
Multiples variantes présentant les houppes
: fovéo-fixateur; fovéo-projecteur; coordinator dans l’espace; houppes montées dans un haploscope;
¬
Visuscope: ophtalmoscope modifié servant à étudier le siège et les caractères de la fixation, au moyen d’un petit repère (étoile, croix) situé au centre du champ. Le visuscope sert aussi à étudier la correspondance rétinienne (épreuve maculo-maculaire de Cüppers, cf.).
Plissement musculaire
Technique chirurgicale consistant à raccourcir un muscle en faisant un pli sur le tendon (ou le corps musculaire) sans le désinsérer, et à le suturer sur lui-même en le rabattant.
Ne pas dire
: « plicature  ».
Dérivé
:
Plicateur de Lavat (cf.).
Point
Nom masculin
Concept fondamental de la strabologie; on peut en distinguer trois types:
• Les points géométriques, utilisés en optique physiologique,
• Les points moteurs,
• Les points rétiniens.
Points géométriques
Points par lesquels passent les axes utilisés en optique physiologique.
Ce sont les seuls points du vocabulaire strabologique qui répondent à la définition mathématique habituelle et abstraite par laquelle on définit le point
: plus petite portion d’espace concevable, abstraction sans étendue.
Les principaux points géométriques sont
:
Point de fixation
Objet du monde physique vers lequel un œil, ou les deux yeux, est/sont dirigés, et par lequel passent les axes importants suivants: axe de fixation (ou ligne du regard), axe visuel (ou ligne principale de direction), ligne principale de visée (cf. ces mots).
Le terme
: « point de fixation  » est fâcheusement utilisé aussi dans deux autres sens:
• D’une part, pour désigner le point rétinien utilisé pour la fixation (cf.)
;
• D’autre part pour désigner le point de fixation tel que le perçoit le sujet subjectivement
; il n’est cependant pas superposable à l’objet physique, car il appartient au monde phénoménal.
Cette même utilisation du terme conduit naturellement à des équivoques et des confusions diverses
; un vocabulaire plus différencié est possible, mais il n’a guère été généralisé jusqu’à présent.
Point nodal
Point situé sur l’axe d’un système optique centré par lequel passe un rayon incident (point nodal antérieur) ou un rayon émergent (point nodal postérieur) sans changer de direction.
Pour l’œil les points nodaux sont situés sur l’axe optique
; ils sont très proches l’un de l’autre, et on admet qu’ils sont confondus en un seul point nodal oculaire.
Point tangentiel
Point auquel le corps musculaire en son centre entre en contact avec le globe oculaire.
La tangente au globe en ce point indique la direction de traction du muscle (ligne de traction).
Le point tangentiel marque le début de l’arc de contact
; sa position change quand le muscle se contracte ou se relâche.
Points moteurs
Nous désignons par ce terme général les divers points qui servent de repère et de jalons au cours de l’étude de l’amplitude de fusion motrice; ces « points  » sont en réalité plutôt des zones plus ou moins larges; il s’agit d’une entité clinique importante en pratique orthoptique.
Les principaux sont les suivants
:
Point de brouillage (Blur-point des Anglo-Saxons)
Point auquel le test de fixation apparaît brouillé au sujet lors de la mise en place devant l’œil (ou les yeux) de prismes ou de lentilles de puissance progressivement croissante.
On en distinguera donc 3 sortes
:
Point de brouillage accommodatif: point de brouillage obtenu par addition de lentilles convexes ou concaves pour une distance donnée du test fixé;
Point de brouillage en convergence: point de brouillage obtenu par mise en place de prismes à base externe devant l’œil;
Point de brouillage en divergence: point de brouillage obtenu par mise en place de prismes base interne devant l’œil.
Point de refusion
Point de récupération de l’haplopie, survenant quand on diminue progressivement la puissance des prismes placés devant l’œil, après que leur augmentation progressive ait préalablement entraîné la diplopie.
Elle constitue donc l’aspect sensoriel du processus plus général de restitution (cf.).
Point de restitution
Point de récupération de la rectitude des yeux et de l’haplopie, survenant quand on diminue progressivement la puissance des prismes placés devant l’œil, après que leur augmentation progressive ait préalablement entraîné la déviation et la diplopie.
Antonyme
: point de rupture.
Point de rupture (Break-point des Anglo-Saxons)
Point auquel surviennent, simultanément, la déviation et la diplopie quand on varie progressivement et de façon croissante la puissance des prismes placés devant l’œil.
Antonyme
: point de restitution; point de refusion.
Point proximal de convergence (Punctum proximum, PPC)
Point auquel surviennent, simultanément, la déviation et la diplopie quand on approche progressivement du sujet le point de fixation.
Peut-être sensibilisé par l’utilisation d’un verre rouge devant un des yeux (Capobianco, 1
953).
Points rétiniens
Concept anatomique et fonctionnel, reposant sur deux caractéristiques, dites valeurs rétiniennes:
• La valeur directionnelle
: en rapport avec la localisation visuelle relative (cf.);
• La valeur rétino-motrice
: en rapport avec l’incitation à la refixation (cf.).
¬ Au point de vue anatomique, le point rétinien n’est ni un point géométrique, ni même un cône rétinien
; c’est une unité réceptrice visuelle, faite d’un ensemble de cellules rétiniennes qui fonctionnent de façon unitaire pour déclencher l’excitation visuelle, et aussi de toutes les connexions neurales aboutissant dans le cortex cérébral visuel où est élaborée la sensation (d’après Sherrington);
¬ Au point de vue fonctionnel, ce sont les modifications des valeurs rétiniennes qui servent à définir les divers points de la strabologie
; ces valeurs ne sont bien entendu pas seulement « rétiniennes  », mais engagent tout le processus visuel jusqu’aux centres cérébraux.
Les principaux termes dérivés sont les suivants
:
Points rétiniens correspondants
Points rétiniens homologues chacun à chacun, en sorte que leur stimulation simultanée donne lieu à la perception de deux objets visuels localisés dans la même direction visuelle, avec fusion en un objet unitaire si les deux images rétiniennes sont suffisamment semblables.
Les points rétiniens correspondants par excellence sont les deux fovéolæ
; la correspondance est de plus en plus lâche vers la périphérie, où un point d’un œil peut correspondre à une zone plus ou moins étendue de l’autre œil (aire de Panum, cf.). La correspondance rétinienne normale est donc définie d’abord par la correspondance entre les deux fovéolæ, et la correspondance rétinienne anormale par la perte de cette correspondance des fovéolæ (cf.).
Il faut distinguer les points rétiniens correspondants des « points rétiniens homotopes  » (cf.) dont la définition est seulement géométrique.
Synonymes
: points identiques; points homonymes: ambigu.
Antonyme
: points disparates.
Point de correspondance anormale, ou point d’anomalie
Point rétinien de l’œil dévié qui chez le strabique correspond binoculairement à la fovéola de l’œil fixateur en cas de correspondance rétinienne anormale.
• Il s’agit en fait plus d’une zone, parfois large, que d’un point limité
;
• Il peut, ou non, coïncider avec le point de fixation excentrique
: si c’est le cas on parle de: « tropie (microtropie) avec identité  » (Helveston-, von Noorden, 1967);
• Il peut ou non, coïncider avec le point de Harms (cf.). Si c’est le cas, on parle de
: « correspondance anormale harmonieuse  »
• L’écart entre la fovéola et le point d’anomalie peut être apprécié directement sur la rétine grâce à l’épreuve fovéolo-fovéolaire (maculo-maculaire) de Cüppers
: il constitue l’angle d’anomalie du strabisme.
Points rétiniens disparates
Points rétiniens non correspondants.
Une définition plus étendue peut en être donnée, sur un modèle négatif
: points rétiniens non homologues chacun à chacun, en sorte que leur stimulation simultanée donne lieu à la perception de deux objets visuels localisés dans des directions visuelles différentes, avec impression de diplopie pour un objet unique si les deux images rétiniennes sont suffisamment semblables.
Le rôle des points rétiniens disparates n’est pas seulement négatif
:
• D’une part la diplopie pour un objet unique est une incitation puissante aux processus de vision binoculaire normale et de fusion
;
• D’autre part, en cas de correspondance anormale des points rétiniens normalement disparates sont susceptibles de devenir pathologiquement correspondants, par ex. avec la fovéola (cf.
: point d’anomalie).
Point rétinien de fixation
Point rétinien utilisé pour la fixation, c’est-à-dire sur lequel se forme l’image rétinienne du point objet physique de fixation.
Le terme « point de fixation  » est fâcheusement utilisé aussi dans deux autres sens
:
• D’une part, pour désigner le point objet du monde physique vers lequel l’œil est dirigé, et par lequel passe l’axe visuel (cf.
: point de fixation);
• D’autre part, pour désigner le point de fixation tel que le sujet le perçoit subjectivement
: il n’est cependant pas superposable à l’objet physique, car il appartient au monde phénoménal.
Cette même utilisation du terme conduit à des confusions. Il paraît donc souhaitable de toujours préciser
: « point de fixation rétinien  », ou, mieux encore: « point rétinien fixateur  » pour éviter les ambiguïtés.
Normalement, le point rétinien de fixation est constitué par la fovéola
: c’est-à-dire par le point rétinien qui, outre ses particularités anatomiques, est doué de deux caractéristiques primordiales:
• Point de meilleure acuité visuelle,
• Point zéro oculomoteur (cf.).
Point rétinien de fixation excentrique
Point rétinien extra-fovéolaire utilisé pour la fixation dans un strabisme avec amblyopie.
Ce point de fixation excentrique peut, ou non, coïncider
:
• Avec le point de meilleure acuité visuelle
;
• Avec le point zéro oculomoteur
: si c’est le cas on parle de fixation excentrique proprement dite (cf.);
• Avec le point rétinien d’anomalie
: si c’est le cas on parle de: « tropie avec identité  » (Helveston, von Noorden, 1967);
• Avec le point rétinien de Harms
: si c’est le cas, le cover-test est négatif.
Point rétinien de Harms
Point rétinien de l’œil dévié par lequel passe la ligne de direction venue du point de fixation (vers lequel est dirigé l’œil fixateur).
Le point rétinien de Harms (1
937) est donc le point de l’œil dévié où se forme l’image de l’objet que fixe l’autre œil; il est évidemment important en strabologie, mais n’a pas cependant reçu de nom propre; Harms lui-même le nommait: « scotome du point de fixation  », expression équivoque qu’il est prudent d’éviter (Linksz, 1971): Jampolsky (1955) désigne ce même point sous le nom de: « point zéro  » (ce qui correspond aux mesures instrumentales au synoptophore).
Le point rétinien de Harms peut, ou non, coïncider
:
• Avec le point zéro oculomoteur
: si c’est le cas le cover-test est négatif;
• Avec le point de fixation excentrique.
L’écart entre le point rétinien de Harms et la fovéola de l’œil dévié correspond à l’angle objectif du strabisme, dont la définition est donc monoculaire (cf.).
Point rétinien zéro oculomoteur
Point rétinien dont la valeur oculomotrice (cf.) est nulle, c’est-à-dire qui ne suscite aucun mouvement de refixation pour assurer la fixation de l’objet momentané d’attention visuelle.
À l’état normal, le zéro oculomoteur est bien entendu la fovéola
; à l’état pathologique, ce rôle peut être tenu par un point rétinien extra-fovéolaire: on parle alors de fixation excentrique proprement dite.
Il convient de souligner que toute la terminologie décrite ci-dessus concernant les points rétiniens est bien loin d’être généralement utilisée
: les données en sont éparses dans la littérature strabologique; et cependant il s’agit de notions de base qui servent, ou devraient servir, à décrire et définir les autres concepts du strabisme. Ici plus encore qu’ailleurs une normalisation paraît souhaitable.
Position
Nom féminin
Dans son sens le plus général, « position  » signifie place, lieu où un objet est situé (de: « ponere  » lat.: « placer  »), et, en ce sens, la « position des yeux  » signifie simplement leur situation corporelle; c’est-à-dire qu’ils sont situés dans les orbites.
En médecine, le terme « position  » a cependant un sens plus spécifique impliquant une certaine attitude ou une certaine orientation
; et ainsi l’expression « position des yeux  » désigne-t-elle en fait l’orientation des yeux qui résulte des mouvements oculaires à un instant donné. Le concept de « position  » se rattache donc à celui de « posture  » et à celui de « direction  »; mais il doit en être bien distingué car:
• Le terme de « posture  » (et ses dérivés
: postural, réflexe postural) a ici un sens plus restreint, essentiellement statique, désignant principalement des processus compensateurs moteurs indépendants de la vision (cf.: Posture);
• Le terme de « direction  » s’applique essentiellement au « regard  », concept plutôt abstrait
; il faut parler de: « position des yeux  » et de « direction du regard  ». Les deux expressions désignent en fait la même chose, l’une sur un mode concret et quasi anatomique (« position des yeux  »), l’autre sur un mode plus abstrait et physiologique (« direction du regard  »), donc éviter de dire: « direction des yeux  » et: « position du regard  » (cf.: Direction).
Par ailleurs, la terminologie qui concerne les « positions des yeux  » se réfère essentiellement à la physiologie normale
; celle-ci considère généralement que les deux yeux se déplacent d’une façon quasi-unitaire dans les diverses directions: mais en strabologie il n’en va pas de même, aussi faut-il bien distinguer:
• La position des yeux par rapport au corps, à la tête, à l’orbite, à partir de quoi l’on définit les positions dites primaire, secondaire, tertiaire etc., positions que nous allons énumérer
;
• La position des yeux l’un par rapport à l’autre à partir de quoi l’on peut définir par exemple
: orthoposition, ésoposition, exoposition, position dissociée etc. dont la signification est entièrement différente.
Mots dérivés
:
Position cardinale
Expression parfois utilisée et peu satisfaisante comme synonyme de: « position diagnostique  » des yeux. On dit aussi dans le même sens: « direction cardinale  » du regard.
Position diagnostique
Position des yeux que le clinicien fait adopter au sujet pour étudier les variations de la déviation strabique que peut entraîner cette position, notamment par rapport à la déviation observée en position primaire.
Synonyme
: direction diagnostique du regard.
Les positions diagnostiques des yeux étudient séparément les différentes actions musculaires suivant le schéma classique suivant
:
• Regard à droite
: étudie droit externe droit, droit interne gauche;
• Regard à gauche
: étudie droit externe gauche, droit interne droit;
• Regard en haut
: étudie strabismes alphabétiques;
• Regard en bas
: étudie strabismes alphabétiques;
• Regard en haut et à droite
: étudie droit supérieur droit, petit oblique gauche;
• Regard en haut et à gauche
: étudie droit supérieur gauche, petit oblique droit;
• Regard en bas et à droite
: étudie droit inférieur droit, grand oblique gauche;
• Regard en bas et à gauche
: étudie droit inférieur gauche, grand oblique droit.
Des dessins et schémas divers sont classiques pour illustrer ces diverses possibilités, depuis Hering (1
868); ils sont soit simples et peu complets, soit complets et compliqués; et, de plus, ils ne rendent pas compte du caractère dynamique du processus moteur, fondamental en strabologie, comme le montrent par exemple les tracés électrooculographiques.
Position de fixation
Position de l’œil, ou des yeux, assumée pour effectuer la fixation active et volontaire d’un point objet donné.
La position de fixation est distincte de la position primaire (cf.) qui n’implique rien quant à l’activité visuelle du sujet.
De plus, il est important de distinguer
:
• La position de fixation
monoculaire: position assumée par un œil lors de la fixation active de cet œil;
• La position de fixation
binoculaire: position assumée par chacun des deux yeux lors de la fixation binoculaire active.
La position de fixation binoculaire implique donc la vision binoculaire
; il s’agit en conséquence d’un concept important et directement applicable en clinique strabologique.
Antonyme
: position sans fixation: c’est la position dite: « position de repos statique  » (Lancaster, 1950) (cf.).
Position primaire
La notion de position primaire de l’œil est un concept important en matière de motilité oculaire, mais sa définition n’est ni simple, ni unique.
On peut envisager les 3 types suivants de définition de la position primaire
:
Définition générale: la position primaire est cette position de référence de l’œil, ou des deux yeux, par rapport à laquelle sont définies les autres positions de l’œil, ou des deux yeux, et les mouvements qui y conduisent.
Cette définition a l’inconvénient évident de ne rien dire sur ce qui constitue concrètement la position primaire elle-même.
Définition kinématique: la position primaire est cette unique position de l’œil à partir de laquelle un mouvement horizontal ou vertical du globe oculaire peut être exécuté sans aucun mouvement associé de torsion.
Définition rationnelle au point de vue mécanique, qui dérive de la loi de Listing, car elle ne concerne qu’un œil à la fois, c’est-à-dire les ductions, sans donner d’indication sur les rapports entre les deux yeux.
Définition clinique: la position primaire est cette position des yeux regardant tout droit à l’infini dans le plan horizontal, les méridiens cornéens étant verticaux, la tête et le corps étant droits.
Cette définition usuelle (ou les définitions analogues) a l’avantage d’être, claire, concrète et utilisable en clinique courante. On ne doit cependant pas perdre de vue qu’elle a au moins deux inconvénients notables
:
¬ D’une part, elle utilise des notions assez approximatives comme tête droite, corps droit, etc.
; elle fait appel à la notion de « tout droit  » qui est loin d’être simple;
¬ D’autre part, elle ne précise nullement le rapport entre les deux yeux
; elle n’inclut pas la notion de fusion binoculaire. La définition de la position primaire est donc strictement anatomique et positionnelle; elle ne dit rien sur les relations sensorielles entre les deux yeux qui doivent en conséquence être bien précisées par une terminologie supplémentaire.
Position de repos
Position passive de l’œil, dans laquelle il est privé d’une ou plusieurs des sources d’influx nerveux qui agissent sur le tonus des muscles oculomoteurs.
• La position primaire est une position de départ, la position zéro de l’oculo-motricité, mais ce n’est en aucune manière une position de repos. C’est au contraire une position essentiellement active, du fait des multiples influx qui stimulent le tonus oculomoteur, en particulier
:
¬ Influx de convergence accommodative et proximale
;
¬ Influx de fusion bilatéraux
;
¬ Influx de fixation bilatéraux
;
¬ Influx en rapport avec le tonus musculaire à l’état vigil, l’attention, le niveau lumineux, etc.
;
¬ Influx des réflexes posturaux.
• La position de repos est au contraire une position passive
; et comme il existe plusieurs sources d’influx nerveux, il y aura plusieurs sortes de positions de repos suivant la ou les sources dont l’œil (et ses muscles) sont privés; la terminologie en est variable et discutée suivant les auteurs; nous les résumerons comme suit:
Position de repos absolue:
Position relative des yeux l’un par rapport à l’autre après élimination de toutes les sources de tonus musculaire (coma profond; paralysie oculomotrice totale; mort avant la rigidité).
La position des yeux ne dépend plus alors que de facteurs mécaniques
; d’où synonyme: position de repos anatomique.
Position de repos anesthésique:
Position relative des yeux l’un par rapport à l’autre lors de l’anesthésie générale.
La plupart des influx nerveux musculaires sont alors éliminés, mais cela varie avec la profondeur du sommeil anesthésique. La position de repos anesthésique des yeux a un intérêt clinique certain.
Position de repos dissociée:
Position relative des yeux l’un par rapport à l’autre après élimination plus ou moins complète des stimuli visuels d’un des yeux (c’est-à-dire après dissociation binoculaire).
Position fondamentale en clinique obtenue au moyen d’une des multiples techniques de dissociation (cf.) depuis celles qui n’altèrent que peu la vision binoculaire jusqu’à celles qui la suppriment totalement.
La position de repos dissociée est loin d’être purement passive car elle laisse subsister
:
• Le tonus de fixation monoculaire (qui s’exerce aussi sur l’œil dissocié)
;
• Le tonus de base lié à l’état vigil
;
• Le tonus postural.
Synonymes multiples
: position de repos sans fusion (Hoffman), exact et précis; position de phorie: également bon; position passive: très insuffisant, et d’ailleurs inexact; position de repos fonctionnel: par opposition à « position de repos anatomique  », peu usité.
Position de repos statique:
Position relative des yeux l’un par rapport à l’autre après élimination complète (privation sensorielle) de tous les stimuli visuels des deux yeux (Lancaster, 1950).
Concept guère utilisé en clinique, mais important au point de vue théorique. Il ne laisse subsister que le tonus de base vigil et les réflexes posturaux.
On remarque que toutes ces définitions de la position de repos concernent la position relative des deux yeux l’un par rapport à l’autre
; c’est une différence notable supplémentaire avec la position primaire (cf.), qui rend la notion de position de repos directement utilisable en clinique strabologique.
Position secondaire
Position de l’œil obtenue par un mouvement horizontal pur (rotation horizontale) ou vertical pur (rotation verticale) à partir de la position primaire.
Position tertiaire
Position oblique de l’œil, obtenue par rotation autour d’un axe intermédiaire entre les deux axes principaux de Fick (axe X horizontal), (axe Z vertical).
Position des yeux dans le strabisme
Quand on parle de position des yeux dans le strabisme, on peut le faire en deux sens différents:
• Soit dans le sens usuel en physiologie, pour désigner les variations des positions des deux yeux ensemble qui se produisent lors des variations de la direction du regard
; il s’agit des ductions, versions et vergences, appliquées au strabisme;
• Soit plus spécifiquement pour préciser la position relative d’un œil par rapport à l’autre, et plus exactement encore, la position de l’œil dévié par rapport à l’œil fixateur. C’est là une notion que la physiologie visuelle passe presque sous silence, le sujet normal étant considéré comme un orthophorique idéal
; en strabologie, par contre, c’est une notion fondamentale, d’où les dérivés multiples:
¬ Position de phorie, position de tropie (cf.)
;
¬ Position dissociée (cf.)
;
¬ Et les multiples dérivés formés en ajoutant logiquement au terme
: « position  » un préfixe qui spécifie sa nature, comme dans ésoposition, exoposition, orthoposition (cf.).
Post
Préfixe
Préfixe (lat.) signifiant: « après  ».
Post-image
Nom féminin
Sensation visuelle qui persiste après la cessation du stimulus causal.
On distingue
:
Post-image positive: post-image semblable au stimulus, c’est-à-dire où les zones claires correspondent aux zones claires du stimulus, les zones foncées aux zones foncées, et où les couleurs sont perçues comme analogues;
Post-image négative: post-image inverse du stimulus, c’est-à-dire où les zones claires correspondent aux zones foncées du stimulus, les zones foncées aux zones claires, et où les couleurs sont perçues comme complémentaires des couleurs du stimulus.
Les post-images réalisent typiquement une séquence évolutive en plusieurs phases, alternativement positives et négatives (cf.
: Brown, 1965).
Applications en strabologie
: diagnostiques (épreuve de Hering-Bielschowsky-), thérapeutique (euthyscopie de Cüppers).
Synonyme
: images consécutives.
Posture
Nom féminin
Définition générale: ensemble des processus physiologiques maintenant le corps, ou une de ses portions, dans une attitude fixe.
Appliqué à l’œil, la notion de « posture  » peut donc se définir comme
:
Posture oculaire
Ensemble des processus physiologiques maintenant les yeux dans une attitude fixe, en relation avec l’attitude globale de la tête, du cou et du reste du corps.
La notion de « posture  » oculaire est distincte de la notion de « position  » des yeux (cf.)
; celle-ci exprime de façon générale une certaine orientation des yeux à un instant donné; le terme de « posture  » a un sens plus restreint, essentiellement statique, désignant principalement des processus moteurs compensateurs, indépendants de la vision. Ceux-ci sont le fait des réflexes dits « posturaux  ».
Réflexes posturaux
Réflexes assurant la corrélation de la posture des yeux, en rapport et en compensation des mouvements de la tête, du cou et du corps.
Ces réflexes sont
:
• Indépendants des afférences visuelles
;
• En relation étroite avec
:
¬ Les réflexes labyrinthiques
;
¬ Les muscles du cou
;
¬ La convergence tonique
;
¬ La proprioception musculaire.
Prisme
Nom masculin
La strabologie utilise différentes espèces de prismes qui sont employés dans un but diagnostique ou thérapeutique.
• Utilisation diagnostique des prismes
¬ Mesure de l’angle du strabisme
: utilisation de base des prismes, soit séparés, soit en barre de prismes de puissance croissante (horizontale, verticale), soit par prisme tournant (type Herschel, Riley, etc.).
¬ Divers tests sont aussi utilisés
:
ø Double prisme (deux prismes de 4 dioptries, accolés par la base, Maddox) pour mesurer les cyclodéviations
;
ø Test d’adaptation prismatique de Jampolsky, pour étudier la réaction oculomotrice à une surcorrection légère de l’angle strabique (Jampolsky, 1
971);
ø Test de compétition prismatique de Mehdorn (deux prismes de 4 dioptries base externe), pour étudier la prédominance d’un des yeux (stimulation bi-temporale) (Mehdorn, 1
979);
ø Test de déplacement prismatique d’Irvine (prisme de 4 dioptries), pour étudier la bifixation (Irvine, 1
944, 1948, 1966);
ø Test de duction prismatique de Bielschowsky
: correction et décompensation progressivement totale d’une phorie;
ø Citons encore le test prismatique de Rose, le prisme vertical de Fitton, le test de fixation binoculaire de Zipf, etc.
• Utilisation thérapeutique des prismes
¬ Elle consiste d’abord en la correction exacte de la déviation, obtenue par incorporation des prismes dans le verre correcteur de l’amétropie, ou au moyen de prismes surajoutés, simples ou à échelle (prisme de Fresnel), accrochés ou collés aux lunettes (prismes autocollants). On peut aussi utiliser l’effet prismatique du verre correcteur, obtenu par décentrement de celui-ci, suivant la formule
: e = D -d (ou: e = effet prismatique mesuré en dioptries prismatiques, D = puissance du verre en dioptries sphériques, d = décentrement nécessaire en millimètres).
¬ Les prismes peuvent être placés horizontalement, verticalement ou en oblique, l’équivalent prismatique étant calculé par le schéma d’Allen.
¬ Autres méthodes utilisées
:
ø Prisme vertical de dissuasion (Prigent), pour dissocier totalement le sujet des conditions habituelles de vision (Ardouin, 1
977);
ø Prisme ducteur de Cüppers
: dans le traitement de l’amblyopie, qui utilise d’autres procédés prismatiques: méthode de Deller (1970), prisme inverse de Pigassou, etc.;
ø Méthode de la localisation de Starkiewicz (1
958) et Baranowska (1969).
Projection
Nom féminin
Le sens le plus immédiat du mot « projection  » est: « action de lancer un corps  » (Larousse, Littré), d’où dérivent divers sens plus ou moins figurés; dans le langage ophtalmologique on parle ainsi de: « projection sur un écran  » d’images utilisées comme tests (au moyen d’un: « projecteur  »); de: « projection corticale de la rétine  », qui est reproduite topologiquement sur le cortex occipital (comme en cartographie); ces sens dérivés sont limités et parfaitement licites. Mais il n’en va pas de même avec la soi-disant: « projection spatiale  ».
La théorie de la projection spatiale des images rétiniennes n’a plus aujourd’hui que l’intérêt d’une erreur historique; après les livres de Tschermak, de Linksz, de Burian - von Noorden, elle ne devrait même plus être mentionnée. Cependant elle est toujours plus ou moins implicitement sous-entendue dans de multiples raisonnements, quand on parle, par exemple, de: « projection rétinienne  », ou, pire, de: « projection spatiale de la macula  » (termes qui n’ont strictement aucun sens), comme si les cônes rétiniens étaient doués du pouvoir d’envoyer de mystérieux rayons dans l’espace. En réalité, l’extériorisation des sensations est un problème complexe, qui a exercé la patience des savants et des chercheurs depuis des siècles; et il est à la fois naïf et présomptueux de croire qu’on peut expliquer nos sensations visuelles par un schéma simpliste, calqué sur l’optique géométrique.
Pseudo
Préfixe
Préfixe dont la situation devant un mot signifie que la caractéristique qu’il désigne n’est pas conforme à la réalité, qu’il se contente d’imiter.
Meilleur que
: « apparent  », qui est ambigu; et que: « faux  », qui ne rend pas compte du caractère imitatif.
Principaux dérivés en strabologie
:
Pseudo-alphabétique
Désigne un strabisme dont le type alphabétique disparaît par contrôle de l’accommodation, grâce à la correction optique complète.
Pseudo-excès
Désigne un strabisme où le contrôle de l’accommodation par la correction optique complète égalise les déviations de loin et de près. On distingue:
• Le pseudo-excès de divergence
: exotropie plus grande de loin (avec correction optique), où les deux déviations s’égalisent par addition de + 3 de près (déviation basique de Burian);
• Le pseudo-excès de convergence
: ésotropie plus grande de près (avec correction optique), où les deux déviations s’égalisent par addition de + 3 de près.
Pseudo-fovéa (pseudo-macula)
Terme à proscrire absolument, qui désigne tantôt le point rétinien utilisé pour la fixation excentrique; tantôt le point rétinien de l’œil dévié qui correspond à la fovéa de l’œil fixateur; tantôt le point rétinien doué de la « direction tout droit  »; tantôt même (et c’est le premier sens, Fuchs, 1920) le point rétinien qui sert à fixer en cas d’hémianopsie sans épargne maculaire.
Pseudo-nystagmus
Mouvements oculaires répétitifs distincts des véritables nystagmus: micro-mouvements de fixation, mouvements oculaires des aveugles, multiples paranystagmus d’origine neurologique (cf.: Goddé-Jolly, Larmande, 1973).
Pseudo-phorie
Aspect d’hétérophorie qui disparaît avec la correction optique totale et correcte en puissance, axe, et situation du verre correcteur.
Pseudo-ptosis
Abaissement relatif d’une des paupières supérieures, sans aucune anomalie du releveur, allant de paire avec une hypotropie de l’œil correspondant, et qui disparaît quand cet œil prend la fixation.
Pseudo-strabisme
Aspect de strabisme, détecté à l’inspection simple, mais ne résistant pas aux tests cliniques moteurs et sensoriels précis, et en rapport avec des anomalies extrinsèques à la motilité oculaire.
Les pseudo-strabismes relèvent de causes
:
• Tissulaires
: épicanthus, ptôsis unilatéral;
• Osseuses
: hyper ou hypotélorisme, asymétries orbitaires;
• Oculaires
: angle kappa (angle lambda): positif, simule une exotropie; négatif simule une ésotropie.
Les causes peuvent s’associer pour masquer, ou majorer l’aspect, et aussi pour masquer un strabisme (pseudo-rectitude).
Ptôsis
Nom masculin
Position anormalement basse d’une, ou des deux, paupières supérieures.
Multiples variétés, dont deux concernent la strabologie
:
• Ptôsis congénital
: plus ou moins associé à d’autres anomalies, dont le strabisme;
• Ptôsis neurologique
: par paralysie du III.
Pulfrich (stéréophénomène de)
Illusion visuelle stéréoscopique, obtenue par observation d’un pendule oscillant perpendiculairement à la direction du regard, avec mise en place devant un des yeux d’un filtre absorbant suffisant, et consistant en une impression de trajectoire circulaire ou elliptique de ce pendule.
Il s’agit d’une illusion stéréoscopique, et non d’un test stéréoscopique, mais il a une valeur pour tester la vision binoculaire.