G Le « Dictionnaire du Strabisme » de Philippe Lanthony
Giessen (test de)
Test de correspondance rétinienne.
Technique :
  • Post-image au flash sur la fovéola de l’œil dévié ;
  • Verre rouge sombre devant l’œil dominant, à travers lequel le sujet regarde la lumière centrale d’une croix de Maddox.
Dans ces conditions le sujet perçoit :
  • Avec l’œil dominant : uniquement la lumière rouge ;
  • Avec l’œil dévié :
    • D’une part la post-image fovéolaire ;
    • D’autre part la croix de Maddox centrée par sa lumière blanche.

On en déduit donc :
  • L’angle objectif : écart entre lumière blanche et post-image (toutes deux perçues par l’œil dévié : l’angle objectif est une notion monoculaire) ;
  • L’angle subjectif : écart entre lumière blanche et lumière rouge (par définition, l’angle subjectif est l’écart perçu entre les deux images d’un même objet : en l’espèce, la lumière centrale de la croix de Maddox) ;
  • L’angle d’anomalie : écart entre la lumière rouge et la post-image (par définition, l’angle d’anomalie est « écart perçu entre les deux images formées sur les deux fovéolæ)  ».
Synonyme : test de Buchmann-Cüppers.
Références : Cüppers, 1 956 ; Hugonnier, 1 958 ; Arruga, 1 961.

Guérison
Nom féminin
On distingue deux sortes de guérisons du strabisme :
  • La guérison esthétique,
  • La guérison fonctionnelle.
La guérison esthétique
Strabisme devenu pratiquement inapparent, soit spontanément soit à la suite du traitement, dans toutes les directions du regard, mais sans récupération d’une vision binoculaire réelle.
Les critères pratiques comportent :
  • Un angle résiduel en position primaire inférieur ou égal à 10 dioptries pour la majorité des auteurs ; on peut admettre 4° en exotropie et 14° en ésotropie, si on tient compte de l’angle kappa (Hugonnier) ;
  • Une concomitance à peu près correcte dans les autres positions des yeux, notamment sans upshoot notable ;
  • L’absence de signes fonctionnels : asthénopie, ou surtout diplopie, même s’il n’y a pas de binocularité ;
  • La stabilité du résultat dans le temps : au moins 3 ans de recul (Jonckers, 1 968).
La guérison fonctionnelle
Strabisme devenu pratiquement inapparent, soit spontanément, soit à la suite du traitement, dans toutes les directions du regard, avec récupération d’une vision binoculaire normale ou subnormale.
Les critères pratiques sont plus discutés et plus stricts que pour la seule guérison esthétique ; ils comportent :
  • Un angle résiduel minime, de préférence en phorie ou tropie intermittente peu fréquente ;
  • Une acuité visuelle monoculaire normale pour chaque œil, ou avec 2/10 ou moins de différence d’acuité entre les deux yeux ;
  • Une amplitude de fusion normale aux prismes et au synoptophore ;
  • Une absence de neutralisation, même limitée, attestée par la diplopie physiologique, la lecture contrôlée, l’absence de scotome détectable aux verres striés de Bagolini et au test de 4 dioptries d’Irvine ;
  • Une correspondance rétinienne normale à tous les tests ;
  • Une vision stéréoscopique normalement présente et de bonne qualité : par exemple 50 secondes au Titmus-Test.
Bibliographie : Thomas, 1 968, 1 970.