La mesure de la verticalité David Lassalle
Les nouvelles méthodes instrumentales: L’Écran tangentiel

L’écran tangentiel (figures n° 1, 2 & 3) est un grand écran carré de 2 m 33 de côté permettant de mesurer simultanément dans l’espace (de 0 à 30° d’excursion) et à la même distance de fixation (2 m 33), la déviation horizontale, verticale et torsionnelle; en position primaire, secondaire et tertiaire.
Cette méthode fonctionnant selon le principe de la confusion, nécessite de ce fait la présence d’une correspondance rétinienne normale (CRN).
L’haploscopie est réalisée par l’interposition devant l’œil fixateur d’un verre rouge sombre qui ne laisse filtrer que les sources lumineuses.
La grande originalité de cet appareil consiste dans le fait que les différentes positions du regard sont obtenues, non pas en déplaçant la lumière fixée mais en modifiant la position tridimensionnelle de la tête de manière quantitativement contrôlée, le regard restant fixé sur la lumière centrale.

Les méthodes objectives
La photographie du fond d’œil
Pourquoi cette méthode?

Le choix de la photographie du fond d’œil s’est imposé du fait d’un petit nombre de méthodes objectives.
En effet, qu’il s’agisse de l’ophtalmoscopie indirecte (imprécision de la mesure, trop grande dépendance de la position de la tête, fort éblouissement pour le patient) ou des « coils  » scléraux (non-détermination de la position de torsion absolue, durée et coût élevé de l’examen), aucune de ces deux méthodes ne nous semblait satisfaisante.
De ce fait, depuis l’avènement des angiographes numérisés et encore plus grâce au rétinographe non mydriatique, nous disposons maintenant d’une méthode rapide et facilement reproductible pour mesurer la torsion oculaire.
Cependant, même si cette méthode présente beaucoup d’avantages, elle ne permet qu’une mesure de la torsion monoculaire.

Méthode de mesure de la torsion du fond d’œil

La mesure de la torsion du fond d’œil consiste à déterminer l’angle en degrés entre l’horizontale passant par la fovéola et le pôle supérieur et inférieur (figure n° 4).
Ainsi, il est possible de déterminer le rapport entre la papille et la fovéola. Ce dernier est considéré comme normal (Papille & Fovéola
: rapports normaux, D. Lassalle & A. Péchereau, AFS St Raphaël 2001) quand:

• Le centre de la papille est ≥ à l’horizontale;
• Le pôle inférieur de la papille est ≤ à l’horizontale.

La torsion sera considérée comme significative quand:

• Le pôle inférieur de la papille est ≥ à l’horizontale (extorsion);
• Le pôle supérieur de la papille est ≤ à l’horizontale (intorsion).
L’électrooculographie (EOG)

Cette méthode développée à la fin des années 1970, dérive de la nystagmographie des ORL pour étudier les nystagmus.
Elle permet l’étude des différents mouvements oculaires
:

• Poursuite;
• Saccades
;
• Nystagmus optocinétique (NOC).

Basée sur le principe de la modification du champ électrique périphérique oculaire entre la cornée qui est positive (+) et la couche neuroépithélium rétinien qui elle est négative (-), il est possible d’enregistrer cette différence de potentiel cornéo-rétinien grâce à des électrodes placées dans la région péri-orbitaire de part et d’autre de l’axe défini par la cornée et le neuroépithélium rétinien (figure n° 5).
Cette variation de potentiel qui est un courant apparaît après amplification sous la forme d’une courbe sur un moniteur.
Depuis quelques années, cette méthode a profité des progrès de l’informatique en pouvant obtenir un appareillage plus simple d’utilisation.
Cependant, l’EOG ne permet pas d’explorer la cinétique oculaire sur le plan vertical et torsionnel.
Les désordres verticaux provoquent une modification des axes respectifs de déplacement des globes provoquant une modification radicale de la valeur des potentiels transmis, ce qui rend impossible l’interprétation des tracés.
Les variations individuelles de transmission sont en rapport avec des facteurs anatomiques orbitaires, palpébraux et sinusiens.

La photo-oculographie
Méthode de Charlier & Buquet

Cette méthode datant de 1985 reposait sur l’analyse de 5 reflets cornéens et de l’image du contour de la pupille. Ainsi, on obtenait deux séries d’images dans deux plans optiques différents.
La variation de leur position relative était indépendante de la translation de l’œil
; en revanche, elle était en corrélation directe avec la rotation du globe oculaire
Ce déplacement variait uniquement en fonction de la géométrie de la chambre antérieure, cette dernière variant très peu chez un même sujet.
Concernant la photo-oculographie, en 1
989, le Professeur Quéré & S Toucas écrivaient:
« La photo-oculographie différentielle permet déjà d’examiner dans les conditions cliniques des phénomènes cinétiques qui échappent totalement à l’EOG.
Les améliorations des techniques et des logiciels de calcul doivent permettre d’obtenir à échéance rapprochée
:

• Une véritable déviométrie statique objective;
• Une quantification automatique réelle de l’amplitude et de la vitesse.

Mais il reste deux problèmes à résoudre:

• La compensation de la déviation strabique;
• Le port de la correction optique  ».
Quid 15 ans plus tard?

Du fait, d’un développement très onéreux pour un marché potentiel très limité, cette technique est restée une technique de laboratoires, peu opérationnelle en pratique courante.
Aujourd’hui, une nouvelle méthode prometteuse (figure n° 6), développée à Giessen en Allemagne par le Docteur Wassill et le Professeur Kaufmann, ouvre des perspectives nouvelles.
Il s’agit de la vidéo-oculographie.
En effet, grâce au « 3D VOG Vidéo-Oculographie  », nous pouvons espérer disposer dans les années à venir, d’une méthode simple permettant d’enregistrer de façon objective les trois composantes des mouvements oculaires.
Cette technique, qui est non invasive (pas d’électrodes ou de verres de contact) permet une mesure de la déviation dans toutes les directions pour
:

• L’horizontalité;
• La verticalité
;
• La torsion.

L’enregistrement des mouvements se faisant grâce à l’utilisation d’un casque, il est donc possible de porter une correction optique sous celui-ci.
Le casque étant relié à un système informatique, on obtient, après analyse des mouvements, les angles de déviations exprimés en degrés, dans toutes les directions du regard (figures n° 7 et 8).