Douze ans après Alain Péchereau

Douze ans après, les strabismes de l’adolescent et de l’adulte restent toujours d’actualité. On reste frapper par le nombre d’adultes abandonnés sur le bord du chemin. On reste sans voix devant ces quadragénaires dont la déviation strabique est une disgrâce esthétique majeure et pour lesquels aucune solution chirurgicale n’a été proposée. On est affligée par cette cohorte qui semble sans fin de ces adultes terrorisées par le risque de diplopie, inculqué par des thérapeutes ignorants du risque réel (très faible, et par ailleurs on peut préférer se trouver beau et voir double à se voir simple et se trouver « moche  ». Ce n’est pas au thérapeute de décider, c’est au patient).
Rappelons que les règles de la prise en charge des strabismes de l’adolescent et de l’adulte sont simples:

Correction optique totale quelle que soit l’amétropie. C’est le seul moyen de redonner du confort visuel au patient et de ramener le calme dans les voies oculogyres. L’adaptation est parfois difficile mais cette étape est le préalable à toute prise en charge correct même si la correction optique totale entraîne une augmentation importante de l’angle (de toute façon, le patient sera un jour ou l’autre presbyte et aura besoin de sa correction optique totale pour bien voir).
• Si l’on pense que la déviation est chirurgicale,
arrêt de toute rééducation orthoptique;
Chirurgie en prévenant le patient des risques de diplopie;
Les risques de diplopie sont faibles (quelques pourcents). Dans la série nantaise et après information complète et honnête du patient ce risque est de moins de un pourcent (un petit pourcentage, moins de dix pourcents? moins de cinq pourcents?, ayant refusé l’intervention).

Grâce à cette prise en charge rigoureuse, les résultats sont exceptionnellement bons. On ne voudrait avoir que des adultes strabiques à opérer!
Mais il faut également insister sur la qualité de vie de ces patients même non opérés. Grâce au port de la correction optique totale et à des explications sans complaisance de la maladie strabique, ils retrouvent un calme oculogyre, une paix avec leur œil ou avec leurs yeux, qui transforme leur vie personnelle et professionnelle.
Il est impératif de prendre ces patients en charge mais bien. Ce colloque vous donne les clés d’une telle prise en charge car nous suivons toujours et avec une grande satisfaction les principes qui y sont énoncés.