Introduction Maurice-Alain Quéré
Introduction de l’édition de 1989

Je vous souhaite la bienvenue à ce colloque consacré « aux mouvements oculaires en pratique courante  ».
Les raisons qui ont motivé le choix de ce sujet sont évidentes
:

• En clinique journalière tout le monde évalue la statique des globes et seulement un tout petit nombre s’intéresse à leur cinétique.
• Cette dernière décennie, alors que dans tous les domaines de l’ophtalmologie on a assisté à un essor considérable des explorations fonctionnelles, seule l’oculo-motricité à cet égard n’a pas connu de réel progrès.
• Un tel immobilisme est d’autant plus injustifié que l’intérêt de la séméiologie cinétique en pratique courante pour le diagnostic, le pronostic et la conduite du traitement sont parfaitement démontrés. À l’heure actuelle je refuserais formellement d’opérer une paralysie horizontale ou un nystagmus sans disposer d’un enregistrement EOG.
• Enfin il est impossible de comprendre quoi que ce soit à la physiopathologie des dérèglements oculomoteurs sans un examen au moins élémentaire de leur cinétique. C’est pourquoi d’ailleurs tant de contre-vérités ont été émises.

En 36 heures nous allons essayer de faire le point sur les faits essentiels concernant les méthodes d’enregistrement, la physiologie et la pathologie cinétique.
Mais avant d’entrer dans le vif du sujet je dois vous exprimer mes regrets à propos de deux contretemps
:

• Le premier concerne la monographie
Elle devait être imprimée, ce qui représentait un coût assez élevé compte tenu des ressources modestes de notre association. La carence de deux laboratoires qui nous avaient promis leur collaboration et le nombre d’inscriptions tardives n’ont pas permis d’établir un budget prévisionnel. L’opuscule est donc simplement polycopié.
Certains textes ont été rajoutés car ils apportent des faits importants dont on parlera certainement dans la discussion, mais ils ne feront pas l’objet d’un exposé oral individualisé.
• Le deuxième contre temps est beaucoup plus grave, mais vous allez voir qu’il est totalement indépendant de ma volonté.
Il y a un an, lorsque notre équipe a mis sur pied l’organisation de ce colloque, nous voulions absolument avoir une exposition de matériels afin que vous puissiez vous informer et faire votre choix.
Vous savez peut-être que pendant de nombreuses décennies la France a été à l’avant-garde pour tous les matériels d’électrophysiologie. Les choses ont bien changé
; de grandes maisons comme Alvar ont disparu. Il ne reste plus actuellement qu’ECEM et Racia.
Immédiatement je me suis mis en relation avec ces deux constructeurs les invitant à exposer leurs matériels au prix d’une très faible contribution financière. Ce colloque était en somme pour eux un marketing quasi gratuit.
La réponse du Directeur de la Maison ECEM a été tellement stupéfiante qu’il m’a semblé indispensable d’afficher la photocopie de sa lettre à la porte de cette salle. Je vous invite à la lire. Les propos en sont sans ambiguïté
: vous pourrez constater que vous ne les intéressez pas. Last but not the least… Je vous signale que depuis 25 ans je travaille avec un appareillage ECEM.
Avec Racia les choses ont été différentes. Mes premiers contacts ont reçu un accueil presque chaleureux. Cette maison ne m’a jamais contacté
; je ne connais pas ses matériels; aussi je lui ai demandé, afin de les essayer et de pouvoir vous donner un avis pertinent, de me prêter 2 appareils inscrits à leur catalogue qui me paraissaient techniquement séduisants et d’un prix très abordable. On m’a tout promis, mais malgré un nombre incroyable de coups de téléphone je n’ai rien vu venir et j’ai fini par renoncer à toute collaboration avec des gens aussi inconséquents.

Fort de cette triste expérience, je m’adresse aux talentueux électroniciens ici présents que sont Charlier, Bailly et Prablanc. Il est urgent d’occuper ce créneau entièrement vide et d’être en mesure de proposer prochainement aux ophtalmologistes un bon appareillage à un prix acceptable.
Heureusement toutes les maisons ne sont pas comme ECEM et Racia. En effet rien n’aurait été possible sans la générosité et sans la collaboration constante des Laboratoires Chibret et Domilens
; pourtant le moins qu’on puisse dire est que l’oculo-motricité n’est pas leur tasse de thé. Leurs directeurs nationaux et régionaux nous ont fait l’honneur d’être avec nous aujourd’hui, ce qui me donne la possibilité de leur adresser en votre nom à tous nos plus vifs remerciements.
Je dois enfin ajouter que c’est le Laboratoire MSD Chibret qui a pris à sa charge la totalité des frais d’impression de cette monographie. Pour la préparation de ce colloque, une fois de plus notre équipe a eu la chance d’avoir le soutien permanent et amical de son Directeur Régional, Monsieur Daniel Bélouin. Inutile de dire combien nous lui en sommes reconnaissants.