L'électrooculographie en oto-neuro-ophtalmologie Pierre Larmande†
(Script vidéo)

L’EOG est un outil irremplaçable pour la discipline ONO, qu’il aide à définir l’état de fonctionnement du système oculomoteur.
Le principe de l’EOG est en effet d’étudier un signal de sortie (le mouvement des yeux) en faisant varier les conditions expérimentales, et donc
en sollicitant tour à tour chacun des trois grands systèmes oculomoteurs.
Si l’on reprend la conception communément admise du système oculomoteur (voir chapitre « L’organisation oculogyre  »), on sépare
trois étages au sein de cet ensemble:

Un système effecteur, constitué des noyaux et des nerfs oculomoteurs;
Un système de génération des mouvements, situé dans le tronc cérébral;
Un triple système de gâchettes contrôlant les saccades, la poursuite et le mouvement vestibulaire. Ces trois gâchettes sont réparties dans le système nerveux central, à l’étage hémisphérique (lobes frontaux et pariétaux), et au niveau du bulbe.

Il y a en outre, toute une série de structures qui interviennent pour coordonner cet ensemble: noyaux gris centraux, cervelet, etc.
Dans ces conditions, de
très nombreuses lésions du système nerveux central sont susceptibles d’induire un dysfonctionnement de l’ensemble, ce qui se traduira par l’enregistrement d’anomalies au niveau du signal de sortie.
Le protocole d’examen de l’EOG doit donc viser à stimuler successivement chacun des systèmes:

• Étude de la statique oculaire yeux ouverts et yeux fermés;
• Étude des
mouvements volontaires, de la poursuite visuelle, du nystagmus optocinétique;
• Étude des
réflexes à départ vestibulaire épreuves caloriques et épreuve rotatoire.

L’anomalie observée grâce à l’EOG constitue un élément sémiologique supplémentaire.
Parfois, cet
élément est pathognomonique d’une atteinte:

• Ainsi le bobbing oculaire pour les lésions du pont;
• L’hypermétrie pour celles du cervelet.

Mais le plus souvent, il faut une confrontation aux autres données de l’examen clinique pour obtenir un diagnostic.
Encore ce diagnostic n’est-il
que topographique dans la plupart des cas: une lésion du mésencéphale induira par exemple un syndrome de Parinaud, que cette lésion soit tumorale ou vasculaire.
Ceci étant, l’EOG
ne se contente pas d’être une aide à la localisation lésionnelle: il fournit aussi une approche physiologique du fonctionnement du système oculomoteur, et permet d’expliquer non seulement où sont le dysfonctionnement, mais aussi sa nature. Avec l’espoir que, demain, cette meilleure connaissance des mécanismes puisse déboucher sur une approche thérapeutique nouvelle.