L'enregistrement EOG en courant alternatif Françoise Oger-Lavenant
(Script vidéo)
Les locaux

Ils doivent être électriquement neutres et isolés.

• Attention aux décharges parasites exogènes;
• L’idéal
: la cage de Faraday, mais encombrante et coûteuse;
• Il y a des dispositifs plus simples
: papiers plombés, plaques isolantes.
• Une évaluation préalable par un technicien est indispensable.

Conditionnement et préparation psychologique du patient
Il faut réveiller le mou et calmer l’excité.

• La tête doit être immobile mais une contention n’est pas nécessaire.
• La tête est maintenue par un appui-tête et une mentonnière.
• Il faut éviter les mouvements… Ils donnent des décharges parasites
:
¬ Jambes et bras,
¬ Mouvements des lèvres, grimaces et clignements.
Collage des électrodes
Comment les placer?

La préparation de la peau est capitale. Notre méthode personnelle: nettoyage de la peau avec solution suivante:

• Chlorure de sodium: 145 g;
• Bitartrate de K
: 6 g;
• Gomme arabique
: 19 g;
• Pierre ponce
: 120 g;
• Glycérine
: 34 g;
• Eau distillée
: 200 g.

On fixe les électrodes par des bandes de scotch.
Attention
? La résistance peau-électrode peut être très élevée s’il y a:

• Mauvais nettoyage;
• Mauvais collage
;
• Peau grasse et sueurs.
Où mettre les électrodes?

Sur les axes de déplacements de chaque œil et de façon le plus symétrique possible.
Sur le versant externe du rebord orbitaire. Surtout pas le plus près possible de l’œil
; autrement il se produit des artefacts palpébraux.
Au niveau du canthus interne, ce qui est souvent difficile chez l’enfant.
On pose
deux électrodes horizontales, deux verticales et une électrode indifférente médio-frontale.
Les électrodes sur les axes obliques? Nous verrons qu’à cause du champ électrique péri-orbitaire elles n’ont aucun intérêt.
Le port de la correction optique ne pose aucun problème. Pendant l’épreuve il faut supprimer la pénalisation optique éventuelle.

Le réglage électrique
Filtrage

Il faut éviter un filtrage excessif; on choisit en général le minimum: 15 Hertz.

Tarage
Tarage électrique

Sur toutes les pistes: calibrage avec décharge 100 microvolts = 10 mm.

Tarage dit physiologique

Pour chaque œil séparément on demande au sujet d’exécuter un mouvement de 10° dans les 4 directions: droite-gauche-haut-bas. On règle le gain de façon à avoir des déflexions équivalentes.
S’il y a un trouble oculomoteur ce procédé est très discutable avec une constante de temps. On gomme les anomalies.
Avec le courant continu, il y a nettement moins d’inconvénient, mais l’on n’est jamais certain que la fixation sur les points cardinaux soit exacte, en particulier dans les paralysies oculomotrices.

Inscription
Sur papier

La vitesse de déroulement est en général 15 mm/s. Mais elle peut être modifiée à volonté surtout pour analyser les mouvements spontanés anormaux; réduite pour mieux analyser l’amplitude, ou augmentée pour étudier la morphologie de la phase lente.

Sur oscillographe

On a l’avantage considérable de pouvoir procéder à une modification automatique de tous les paramètres d’inscription.

Les conditions afférentielles

Elles sont capitales, nous l’avons déjà signalé. Il faut évaluer la qualité de la correspondance motrice et de l’équivalence optomotrice des versions.
Donc pour
chaque séquence motrice il faut faire un enregistrement ODG, OD et OG.

Que faut-il enregistrer?

En principe il faut faire un examen complet des potentialités oculogyres:

• Les mouvements spontanés anormaux: nystagmus et autres;
• Les mouvements induits
;
• Vestibulaires
;
• Optiquement induits (élicités).

On doit se souvenir que si l’induction des mouvements peut être volontaire ou automatique, leur exécution est toujours réflexe.
L’ophtalmologiste s’intéresse principalement aux mouvements optiquement élicités.

Logiciel des versions

Les 3 programmes cinétiques:

• NOC (vitesse subjective moyenne 20°/s);
• Poursuite (Amplitude 40°; vitesse
: 0,3 Hertz);
• Saccades (Amplitude 40°
; vitesse: 0,2 Hertz).
Logiciel des vergences
• Vergence de refixation: ODG, OD et OG;
• Vergence symétrique
: axe entre les deux yeux (pyramide nasale);
• Vergence asymétrique
;
¬ Axe devant l’œil droit,
¬ Axe devant l’œil gauche.
Les moniteurs d’induction des mouvements

Il peut s’agir:

De systèmes élaborés:
¬ Par exemple l’explorateur de la cinétique, avec inscription du signal sur une piste. (Licence CEA.),
¬ Le stimulateur de Racia.
De systèmes élémentaires:
Ils sont satisfaisants:
¬ Tambour de Barany artisanal pour le NOC,
¬ Fil à plomb pour la poursuite,
¬ Fixation de deux lumières latérales symétriques pour les saccades,
¬ Refixation de deux tests loin près pour les vergences.
Critères d’enregistrement
Bon enregistrement

Avec une bonne technique et une bonne coopération, les tracés sont nets et sans bavures.
Les cycles répétitifs sont équivalents.

Mauvais enregistrement

C’est chose facile à identifier pour un bon technicien:

Courants parasites exogènes (amples décharges de haute fréquence sur la totalité des pistes avec projection d’encre);
Électrode mal collée, détériorée (tracé baveux, épais sur la dérivation correspondante);
Dérive permanente (polarisation des électrodes, instabilité de l’amplificateur);
Tracé instable (mouvements intempestifs de la face ou des membres);
Décharge psycho-galvanique (sujet anxieux): anarchie des tracés de chaque œil, sans aucune correspondance;
Clignements (potentiels intercurrents synchrones faciles à identifier sur les dérivations verticales);
Défaut d’attention (irrégularité des cycles répétitifs, mais si les versions sont normales les déflexions sont équivalentes sur les deux yeux).