Avant propos Maurice-Alain Quéré & Alain Péchereau
En revoyant le programme des colloques qui se sont tenus à Nantes depuis 1 975, nous nous sommes aperçus que les exotropies ont été les « parents pauvres  » de ces entretiens. Certes dans nos diverses monographies, en particulier dans les trois dernières (Traitement médical des strabismes, Les facteurs verticaux et Les échecs de la chirurgie musculaire) plusieurs paragraphes leur ont été consacrés, mais elles n’ont jamais été le thème principal d’une de nos réunions.
Il nous a paru indispensable de combler une telle lacune. Ceci était d’autant plus nécessaire que nos connaissances à leur propos ont beaucoup évolué et qu’elles font l’objet de diverses assertions inexactes, en particulier en ce qui concerne leur fréquence, leur date d’apparition et leur pronostic.
Il y a plusieurs années en effet il était habituel de souligner la rareté relative des exotropies : un strabisme divergent pour 7 à 8 strabismes convergents. Toutes les statistiques récentes prouvent que cette proportion est inexacte : 25 à 30  % des strabismes sont des exotropies ; par conséquent elles représentent pour le praticien un problème sensori-moteur de première importance.
Une autre notion essentielle qui apparemment semblait bien établie : leur installation tardive dans la grande majorité des cas. On sait maintenant que, même si leur décompensation peut être souvent très différée, la date d’apparition des premiers symptômes est en général très précoce.
Enfin dans l’esprit de la plupart des ophtalmologistes l’idée est encore bien ancrée que la thérapeutique des exotropies peut être abordée avec optimisme ; au prix d’un traitement simple on peut espérer obtenir dans un pourcentage élevé de cas une véritable guérison binoculaire. Or tous les travaux de ces dernières années ont prouvé que le traitement médico-chirurgical des exotropies est souvent très difficile et ses résultats franchement décevants eu égard aux espoirs qu’il semblait légitime d’en escompter.
Réactualiser nos connaissances concernant les exotropies était donc une urgente nécessité, et c’est ce que nous nous sommes proposés de réaliser au cours de ce colloque 1 993.