L’inexcitabilité opto-cinétique Éric Méhel
L’inexcitabilité opto-cinétique est un symptôme électrooculographique qui se présente sous deux formes : l’inexcitabilité opto-cinétique amblyopique monoculaire bi-directionnelle et l’inexcitabilité dans l’abduction.
L’inexcitabilité monoculaire bi-directionnelle se caractérise, lorsque l’œil amblyope est inducteur, par une diminution ou une abolition de la réponse opto-cinétique sur les deux yeux, quels que soient le sens de rotation du tambour et l’intensité de stimulation. Elle est constamment associée à une amblyopie profonde sans que celle-ci en soit la cause. Pour qu’elle existe, il faut une désorganisation de la hiérarchie spatiale des zones rétiniennes centrées sur la fovéa.
L’inexcitabilité opto-cinétique dans l’abduction se caractérise par une diminution ou une abolition de la réponse des deux yeux, quand le tambour tourne dans le sens de l’abduction de l’œil fixateur alors que la réponse reste conservée lorsque l’autre œil devient inducteur. L’inexcitabilité peut être partielle ou totale. Son association à un strabisme et à la présence de salves rythmiques d’intensité identique pour les deux yeux, prouve que l’inexcitabilité opto-cinétique dans l’abduction est une forme clinique du nystagmus latent. Le fait que le trouble moteur varie suivant les modalités de l’induction sensorielle montre que l’origine de ce trouble est supranucléaire et témoigne d’un bouleversement du système de jonction qui assure le raccordement entre les aires visuelles réceptrices corticales et les aires oculogyres qui commandent les versions.