Les incomitances loin-près et les strabismes accommodatifs Jean-Claude Charlot
Les incomitances loin-près et les strabismes accommodatifs sont caractérisés par un angle de déviation de loin différent de l’angle de près ; ils sont, pour la plupart, plus ou moins corrigés par la mise au repos du facteur accommodatif par le port de la correction optique totale de l’amétropie. L’effet de la correction optique sur l’angle de la déviation de loin et de près permet de distinguer plusieurs types de strabismes que nous décrivons.
Le facteur accommodatif est une composante de tous les strabismes et les strabismes accommodatifs font partie, en dehors des accommodatifs purs guéris par la correction optique, des strabismes innervationnels dont ils partagent le pronostic en fonction du degré de binocularité existante, du délai de prise en charge (amblyopie, neutralisation…). C’est souligner l’importance de l’examen par l’ophtalmologiste, et de la skiascopie sous cycloplégiques de tous les enfants, surtout en présence de facteurs strabogènes, pour une prise en charge précoce.
Le traitement repose sur la correction optique totale, les verres bifocaux ou mieux, progressifs, ainsi que les lentilles de contact, qui diminuent l’effort accommodatif et sont utiles dans le traitement des incomitances loin-près.
Le traitement chirurgical obéit aux principes d’usage de la chirurgie du strabisme, intégrant la déviation sous curarisation, le test d’élongation musculaire. Il repose sur la chirurgie du fil de Cüppers.